Description
ÉDITION ORIGINALE de cet opéra naturaliste foudroyé par l'Affaire Dreyfus.
Un des 15 exemplaires numérotés sur Hollande, seul tirage en grand papier.
Drame lyrique en 4 actes et 1 prologue, sur un livret d’Émile Zola et une musique de Alfred Bruneau (1857-1934), Messidor se déroule en Ariège, où une usine détourne les torrents pour en extraire l’or, privant les habitants de la vallée de leur eau et de leurs récoltes. Il fut créé pour la première fois à l’Opéra de Paris, le 19 février 1897.
Messidor prolonge le propos de lutte sociale amorcé dans Germinal et l’érige en pamphlet anticapitaliste : « Donner le poème du travail, la nécessité et la beauté de l’effort, la foi en la vie, en la fécondité de la terre, l’espoir aux justes moissons de demain » (Zola cité dans Revue musicale - 14 mars 1897).
Zola défend aussi les principes naturalistes jusque dans la mise en scène : les gigantesques rouages de l’usine vont jusqu’à couvrir la musique, mais s’effacent malheureusement devant le ballet du IIIe acte, imposé par le cahier des charges du Palais Garnier.
Bruneau se lia d'amitié avec Zola en 1888. Il composa en 1891, Le Rêve, opéra inspiré du roman éponyme, puis Zola lui fournit le sujet de L'Attaque du moulin (1893) ; suit Messidor, premier livret entièrement écrit par l'auteur des Rougons Macquart.
Messidor connait un vif succès dès son démarrage, mais en pleine Affaire Dreyfus, les positions dreyfusardes de Bruneau, défendues avec vigueur par Zola, donnent lieu à des manifestations antidreyfusardes devant l'Opéra de Paris : l'opéra est rapidement déprogrammé.
"Au-delà de sa relation avec l'auteur de « J'accuse… ! », c'est toute l'esthétique des œuvres d'Alfred Bruneau qui est remise en cause. L'aspect "naturaliste" et populaire de ses opéras (sur le modèle du "vérisme" italien de Puccini) est farouchement contesté par toute une frange antidreyfusarde de compositeurs et de critiques musicaux, qui voient là une déformation idéologique de la réalité au service des valeurs de la République. Parmi ses plus influents détracteurs, le compositeur antisémite Vincent d'Indy." (La musique au temps de l'affaire Dreyfus - Zoé Fernandez)
Grandes marges. Dos, plats et pages insolés, tache sur le premier plat et manque en tête et en pied.









