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Le côté de Guermantes II

1921140 x 195 mm

ÉDITION ORIGINALE.
BEL ENVOI AUTOGRAPHE SIGNÉ à Régismanset.

5 000 

Vendu

Description

À La recherche du temps perdu tome IV : le côté de Guermantes II. Sodome et Gomorrhe I.

ÉDITION ORIGINALE comportant l'achevé d'imprimé du 30 avril 1921.
Mention fictive de 2ème édition.

BEL ENVOI AUTOGRAPHE SIGNÉ :

"À Monsieur Régismanset avec l'envie qu'éprouve
l'auteur de ces livres compacts et
peu lus, pour vos étincelles profondes et qui font
prendre feu tout autour,
votre reconnaissant
Marcel Proust"

Docteur en droit et diplômé de l'École libre des sciences politiques, Charles Henri Eugène Régismanset (1873 - 1945) fut une grande partie de sa vie haut fonctionnaire employé au Ministère des colonies. Blessé dans la bataille de la Somme en 1916, après s'être engagé en Mars 1915, il reçoit La Croix de Guerre puis la Légion d'honneur en 1917. Élu à  l'Académie des sciences coloniales en 1922, il est nommé directeur de l'Agence générale des colonies entre 1924 et 1926, puis directeur des affaires économiques au Ministère des Finances avant d'être détaché auprès de la Banque d'Indochine.
En parallèle à sa carrière ministérielle, Charles Henri Eugène Régismanset fut un écrivain prolixe, rédacteur au Mercure de France pendant une vingtaine d'années, il publia de 1900 à 1939 près d'une trentaine d'ouvrages allant du reportage colonial à la Philosophie des Parfums (1907), du recueil de poèmes au roman. Sa renommée littéraire, à son grand dam, resta très limitée et, selon Léautaud, Régismanset confia à Marie Dormoy : "c'est renversant, Valery n'a publié qu'un livre, tout le monde en parle. Moi, j'ai publié plus de vingt volumes, personne n'en a jamais rien dit". 
Régismanset connu pourtant une certaine reconnaissance grâce à la série intitulé Contractions, courts ouvrages composés de maximes, elles aussi courtes et percutantes, à l'image celle-ci parue dans le premier volume publié par Sansot en 1906 :

"Dis-moi qui tu hais, je te dirai qui tu hantes. "

L'envoi énigmatique de Proust est une allusion subtile aux Contradictions dont la 4ème série venait de paraître. Jouant avec le contraste entre les volumes de la Recherche du temps perdu, "livres compacts et peu lus",  et les maximes des Contradictions, ces "étincelles profondes et qui font prendre feu tout autour", Proust laisse transparaître une certaine ironie. On mesure encore plus cette dernière en apprenant, dans le journal Léautaud,  que Régismanset  s'était "cru assuré d'avoir le Prix Goncourt"que Proust avait lui remporté deux ans auparavant.

Les Contradictions connurent cinq volumes, publiés entre 1906 et 1939, et plusieurs de ces maximes sont toujours présentent dans les dictionnaires de citations.

Après la lecture de ce volume, Régismanset rédigea un article publié dans  Chronique des livres de la Dépêche coloniale du 4-5 septembre 1921 : " […] Choderlos de Laclos, écrivant au début du XIXème siècle à sa délicieuse jeune femme qui se plaignait d'un commencement d'embonpoint, lui déclarait galamment : " De vous, ma chère amie, il n' aura jamais trop !" J'en dirais volontiers autant de M. Marcel Proust, de son oeuvre, s'entend, qui constitue un véritable un véritable régal de l'esprit. […] Est-ce ma faute, aussi bien, si M. Marcel Proust a un talent si original qu'il subjugue même les snobs et s'il écrit des livres, qui mémoires bien plutôt que romans, échappent par leur diversité et leur plasticité, au compte rendu méthodique et banal. […] "
Proust écrivit  Régismanset, le 14 octobre 1921, pour  le "remercier de votre [son] superbe arcticle de la Dépêche Coloniale" : "ça aurait été un grand amusement pour moi, de compléter comme vous le faites mon côté de Guermantes, par cent anecdotes du genre des vôtres sur les Guermantes d'après guerre. Il s'en fabriquait au reste avant, sans colère pour les anciens et je me souviens étant alors bien jeune d'avoir entendu M. d'Haussonville parodiant une maxime de La Rochefoucault dire que la fausse noblesse était un hommage que les bourgeois rendent à la vraie."

Régismanset avait déjà publié dans la même rubrique des articles sur Marcel Proust, les 21-22 septembre 1919, 14 décembre 1920. Il en donnera encore un le 24 octobre 1922, intitulé "L'esprit de M. Marcel Proust".

Philip Kolb, Correspondance de Marcel Proust, XX, n°290 ,494-495.
Bulletin d'informations proustiennes, Inédits de l'exposition Proust du temps perdu au temps retrouvé, No. 42 (2012), pp. 177-184 (8 pages).

Paris,Éditions de la nouvelle revue Française,1921.In-12, Broché,140 x 195 mm,282 pp .

Dos insolé. Couverture défraichie.

Bio

Marcel Proust

Marcel Proust, né à Paris le 10 juillet 1871 et mort à Paris le 18 novembre 1922.