Description
BEAU PORTRAIT HÉLIOGRAVÉ sur vergé de Joséphin Péladan portant la cape occulte et sa longue barbe caractéristique.
Ce portrait héliogravé par Dujardin d’après une photographie de Cayol apparaît en frontispice de : La décadence artistique - L'art Ochlocratique (Camille Dalou, 1888)
Bel envoi autographe signé à Bernard Masselon, violoniste et futur directeur du Théâtre des arts de Rouen :
"A Bernard Masselon
qui es venu réveiller mon mysticisme musical
en toute sympathie
Peladan
17 novembre 1911"
On aurait pourtant pensé que le "mysticisme musical" de Péladan n'avait guère besoin d'être réveillé : wagnérien jusqu'à l'extrême, le Sar décrivait déjà, dans les années 1890, sa musique comme un panacée à "un demi-siècle d'ochlocratie et de coprophagie esthétique" (manuscrit Les Héroïnes de Wagner). Les salons de la Rose-Croix sont l'occasion de performances musicales au cours desquelles se produisent notamment Edouard Bénédictus, Vincent d'Indy et Eric Satie, compositeur attitré du Sar qui rompt avec lui au moment de la création de "L'Église métropolitaine d'art de Jésus conducteur". Péladan décrit, dans l'Art idéaliste et mystique (1894), la musique comme "le cynétisme esthétique, l'électrisation animique et peut-être la forme artistique de la volupté [...] c'est la transcription esthétique d'un état d'âme collectif ou individuel par le son."
Roland van der Hoeven. "L'idéalisme musical. Musique et musiciens autour du Sâr Péladan."
Originaire de Rouen, Bernard Masselon intègre l'orchestre du Théâtre des Arts et, vers 1907, gagne Paris, où il joue dans les "concerts Touche" puis contribue à l'organisation des concerts des Tuileries (1912) et des concerts Rouge (il y est deuxième violon en 1913) ; c'est vraisemblablement à la capitale qu'il rencontre péladan.
Pour la saison 1913-1914, Masselon travaille comme secrétaire général de Théâtre de de Nice aux côtés de Malausséna : le duo (Masselon aux questions artistiques et Malausséna aux problèmes administratifs) postule à la direction jointe du théâtre des Arts des Rouen. Mobilisés, ils ne peuvent l'assumer qu'après la guerre, et dirigent la saison 1919-1920, au cours de laquelle on joue Halévy, Ernest Reyer, Mozart, Bizet, Berlioz, et César Franck (l'un des compositeurs favoris de Péladan). En décembre 1920, en milieu de saison, Malesson meurt après une intervention chirurgicale.
Cécile Rose. Le Théâtre lyrique en Normandie dans l'entre-deux guerres. 1999. p. 181
Henri Geispitz. Histoire du Théâtre-des-Arts de Rouen. 1913-1940. 1951. pp. 67
Petit symbole de croix solaire, au crayon, à l'envoi au dessus du mot "mon".



