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Choix de poésies

1922120 x 185 mm

L’exemplaire d’André Suarès annoté de minuscules remarques autographes d’André Suarès sur 180 pages.

Le prix initial était : 750 €.Le prix actuel est : 650 €.

Vendu

Description

L'exemplaire d'André Suarès annoté de minuscules remarques autographes d'André Suarès, au crayon, sur les 180 premières pages du volume (Premières poésies,  Poésies diverses, Espana).

Les inscriptions sur la première garde volante du volume permettent de contextualiser les notes de Suarès, qui se met à relire Gautier vers la fin de l'année 1922 : "Acheté chez Paul Emile, le 3-XI-1922. Je n'ai rien sur Théophile Gautier. C'est terrible d'avoir si peu de livres. Si au moins j'avais les poètes. Mais quoi, pourquoi pas la prose aussi ? Et si les Latins, pourquoi non les Grecs ? Et si…Etc. Je n'ai plus rien lu de Théophile Gautier depuis 1899 ou 1900. La dernière fois c'était à Meudon."

A la fin de la table, une dernière note résume à elle seule la tonalité de toutes les précédentes : "123 pièces de vers, la plupart fort brèves. Et le principal mérite est justement que tous ces poèmes sont courts".
En effet, il est peu dire que la poésie de Gautier ne trouve pas grâce aux yeux de Suarès. Les mots "détestable", "banal/banalité", "bête", "mauvais", "méchant", "vilain", "plat/platitude" apparaissent ainsi trente-quatre fois, deux fois plus que les termes "beau", "joli", "bon". Chaque remarque positive est contrebalancée par une attaque en règle : "Beau vers, un seul hélas." (Méditation, p. 7) ; "Une des belles pièces de Théop. L'idée est d'un poète. 2 ou 3 beaux vers : malgré tout, le poème est sans gde beauté. Il y reste de la prose, […] le choix des rimes est très peu musical, c'est un Ziem, ce n'est pas un Constable ni un Delacroix" (La caravane, p. 98).
Les reproches fusent tous azimuts. Aucun aspect de la poésie de Gautier n'est épargné : ni les sujets : "Tjs des oiseaux, tjs des camées : dès le début, Th. Gaut. est un très petit homme, un très mauvais poète…" (L'oiseau captif, p. 18) ; ni le style : "Que c'est plat et froid" (Promenade nocturne, p. 17) ; "Tout cela plat, compassé" (Imitation de Byron, p. 34) ; ni la versification : "Ce serait un beau vers s'il n'était coupé en deux" (Le Luxembourg, p. 13) ; "Détestable cheville" (Soleil couchant, p. 36) ; "Quel vilain vers, pour finir (Rocaille, p. 66) ; "Prosaïq. à l'excès" (Le pin des landes, p. 151). Suarès insiste aussi sur le manque de justesse : "Tous ses sonnets sont faux." (Sonnet, p. 37) ; "Aussi faux pour Versailles que pour Venise" (Versailles, p. 97) ; "Quelle idée ! T. G. fait parler toujours faux dans ses vers" (Le bédouin et la mer, p. 147) ; "? Dieu ? Que fait Dieu ici ? Que ce Dieu sonne faux." (Dans la sierra, p. 168). Il va jusqu'à dévaloriser les pièces les plus emblématiques de Gautier : "Cette petite pièce célèbre est bien gentille, surtout la première strophe. Le refrain est un peu sot" (Barcarolle, p.117) ; "Ce genre de poème bibelot fit le triomphe de T. G." ("Tulipe", p. 146).
D'autres poètes sont égratignés à l'occasion de comparaisons que Suarès établit avec Gautier : "Détestable V. H. [Victor Hugo sans doute]" (La jeune fille, p. 9) ; "C'est du pire Joseph Delorme [Sainte-Beuve]" (Le jardin des plantes, p. 29) ; "Sans résonance, sans mystère. Cf. l'Albatros de Baudelaire" ("Le pin des landes", p. 151). Certains obtiennent des jugements plus favorables : "Pressentiment de Verlaine. Mais le chant n'y est pas, parce que l'œil seul ne peut suffire. Le chant vient du cœur.Le v[ers ?] ne doit pas être vu ni nommé. Mais il doit partout se faire sentir." (Paysage, p. 8). A travers toutes ces observations, si critiques soient-elles, c'est la conception même de la poésie selon Suarès qui se dévoile.
Nous retiendrons en particulier deux notes qui résument son sentiment envers Gautier : "L'idée vaut mieux que le poème. Le 1er vers a plus de poésie que tout le reste. Comme parfois le titre. Souvent ainsi dans Théop. G." (Le laurier du Generalife, p. 171) ; "Le seul bon vers de cette pièce est un vers didactique. D'ailleurs, Théop. G. n'est jamais aussi bon poète que dans les pièces de vers où il fait le critiq., et de l'esthétiq." (Le jardin des plantes, p. 29).

Les recueils "Emaux et camées" et Dernières poésies (1851-1872) n'ont pas été annotés.

Suarès a eu fréquemment recours aux abréviations (usage des lettres grecques thêta et phi pour "th" et "ph", raccourcissements, contractions, emploi du tilde).

Paris,Charpentier,1922.in-12, Broché,120 x 185 mm,288 pp.

Papier un peu roussi.

Bio

Théophile Gautier

(né à Tarbes le 30 août 18111 et mort à Neuilly-sur-Seine le 23 octobre 1872)

Voir Les Œuvres

André Suares

Isaac Félix Suarès dit André Suarès (né à Marseille le 12 juin 1868 et mort le 7 septembre 1948 à Saint-Maur-des-Fossés)

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