Description
Encre et acrylique originale sur papier, signée avec le cachet rouge de l'artiste.
Réalisée en Chine en 1988, cette œuvre rare calligraphique date de la période d’apprentissage de Fabienne Verdier auprès du maître calligraphe Huang Yuan, dans la province du Sichuan. Arrivée en Chine en 1983, l’artiste est admise en 1984 comme élève du maître après plusieurs mois durant lesquels elle dépose quotidiennement ses essais de calligraphie devant sa porte. Elle poursuivra cet apprentissage pendant près de dix ans.
L’œuvre fut envoyée en 1988 à une amie proche à l’occasion des vœux du Nouvel An et comporte une dédicace autographe de l’artiste. Le caractère calligraphié, 福 (fú), signifie bonheur, fortune, chance ou prospérité. Il occupe une place centrale dans la culture chinoise et est traditionnellement associé aux souhaits de bonne fortune, en particulier lors des célébrations du Nouvel An.
" Que ce "FU" t'apporte tout plein de bonheur pour cette nouvelle année 88 !
Je pense à vous du fin fond de mon SEUCHUAN
Je t'embrasse.
Fabienne Verdier
P.S. : À Paris, je n'ai eu personne de tous les gens que tu m'as dit de contacter ! c'est la merde…"
Les œuvres réalisées par Fabienne Verdier durant cette période chinoise sont d’une extrême rareté. À la suite des événements politiques de la fin des années 1980 et lors de ses retours en France en 1989 et 1992, une partie de ses travaux fut détruite par l’artiste elle-même ou confisquée par les autorités douanières chinoises, comme elle le relate dans son récit autobiographique Passagère du silence (2003).
" Le soir, mes amis sont venus me voir et m’ont conseillé de ne rien laisser sur place : « Et attention, si tu as pris des notes sur ton séjour ici, même sur le vieux Huang, mieux vaut t'en débarrasser avant de passer la douane. » […] Après des pleurs et beaucoup d'amertume, j'ai décidé de tout brûler. Je n'ai emporté que certains tableaux." [après les Manifestations de la place Tian'anmen]
"Nous en avons expédié une partie par bateau mais il y a certains objets dont un peintre ne se sépare jamais : ses pinceaux, ses sceaux. Certains sceaux, très anciens, m'avaient été offerts par de vieux let-trés.À l'aéroport les douaniers ont fouillé mes affaires et en ont confisqué beaucoup. Je m'étais juré de sauvegarder certains de ces objets, maillons d'une chaîne de connaissances anciennes. On me les a repris, comme si j'étais une voleuse du patrimoine chinois, alors que les officiels détruisaient au même moment des centres historiques d'une valeur inestimable dans les grandes villes de Chine." [retour en France, 1992]
Elégant encadrement en bois foncé.
Pli d’envoi.





