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錦花集 (Recueil de fleurs de brocart)

1858155 x 218 mm

RARE ÉDITION ORIGINALE
L’EXEMPLAIRE D’EDMOND DE GONCOURT

1 500 

Vendu

Description

ÉDITION ORIGINALE. Recueil d'estampes de Utagawa Yoshitora, composé de 28 vues en double-page, mises en couleurs, des étapes de la route du Tôkaidô entre Kyoto et Edo.
L'EXEMPLAIRE D'EDMOND DE GONCOURT, avec une note autographe signée à l'encre rouge contrecollée au dos du premier plat de couverture :

Kin-Kwa-Shiû
Recueil de belles Fleurs
Imprimé à Yedo en 1858
Illustration de Hiroshige
Edmond de Goncourt

Edmond de Goncourt attribue faussement le recueil  à Hiroshige : erreur compréhensible, puisque dans cet exemplaire, la signature de Yoshitora, au bas de la dernière estampe, a été retirée et remplacée par une papier de comblage portant la signature d'Hiroshige !

Edmond de Goncourt semble avoir, après quelque temps, réalisé la supercherie : au crayon, il barre de ses notes le nom Hiroshige et ajoute "la dernière était signée Yoshitora selon les exemplaires intacts".  Le recueil fut néanmoins attribué à Hiroshige après la mort d'Edmond lors de la vente "Extrême-Orient" de la collection des Goncourt (1897, n°1551)

Edmond et Jules de Goncourt se revendiquèrent à plusieurs reprises comme les instigateurs d'un mouvement de goût et de curiosité pour l'art japonais en France :

Le goût de la chinoiserie et de la japonaiserie ! Ce goût, nous l’avons eu des premiers. Ce goût aujourd’hui envahissant tout et tous, jusqu’aux imbéciles et aux bourgeoises, qui plus que nous l’a propagé, l’a senti, l’a prêché, y a converti les autres ? Qui s’est passionné pour les premiers albums, a eu le courage d’en acheter ? Dans le premier de nos livres, dans En 18.., une description de cheminée à bibelots japonais nous fit décerner l’honneur d’être traités comme une espèce de fous baroques et de gens sans goût et fit demander par Edmond Texier notre internement à Charenton
(Journal, 29 octobre 1868, t. II. p. 178-179.)

Désignée dans un premier temps sous le nom de "japonaiserie" puis de "japonisme", cette mode du Japon sera décrite par Edmond de Goncourt comme l'un des "trois grands mouvements littéraires et artistiques de la seconde moitié du XIXe siècle" (Préface de Chérie). Ainsi, dans les années 1880,  Edmond de Goncourt affirmera l'existence d'un lien de parenté entre l'impressionnisme et les "impressions claires" des estampes japonaises. Il publiera également deux monographies consacrées à l'ukiyo-e : Outamaro (1891) et Hokousaï (1896) ; il évoque plus spécifiquement Hiroshige dans la conclusion d'Outamaro : « colorations contre la brutalité desquelles, en 1830, le peintre Hiroshige lutta en vain pour ramener les colorations du dix-huitième siècle ». Une affirmation qui, bien que fantaisiste, témoigne du curieux "goût français" de l'époque pour les estampes les plus fanées. Plus généralement, Outamaro reflète à la fois l'enthousiasme d'Edmond de Goncourt pour l'estampe japonaise et sa confusion quant aux procédés d'impression et de diffusion de l'ukiyo-e, relativement inconnus des amateurs occidentaux. Aurait-on cherché, en attribuant cet album à Hiroshige, à profiter de cet engouement parfois un peu naïf ?

Bel exemplaire habillé d'une reliure de soie (les exemplaires du Smithsonian Museum of Asian Art et du Metropolitan Museum of Art conservent tous deux la brochure éditeur).

 

Edo (Tokyo),1858.In-8, Relié,155 x 218 mm,33 ff. doublés.

Reliure fukuro toji, soie bleu nuit, décor de fleurs et oiseaux brodé en bleu et or. Couverture conservée.
Manque avec comblage au niveau de la signature ; le comblage a dégorgé sur les feuillets suivants.

Bio

Edmond de Goncourt

(né à Nancy le 26 mai 1822 et mort à Champrosay (Essonne) le 16 juillet 1896 dans la maison d’Alphonse Daudet)

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Bio

Yoshitora Utagawa

(Edo [Tokyo] : 1836 – 1880)

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