Description
SECONDE ÉDITION CORRIGÉE, PARUE L'ANNÉE DE L'ORIGINALE, de ce roman gothique critiquant l'institution du mariage.
Charlotte Smith fait paraître son recueil de vers Elegiac Sonnets en 1784 alors que son époux est emprisonné pour dettes : le succès inespéré de l'ouvrage lui permet de réunir les fonds nécessaires à la négociation de sa libération. Partie pour la Normandie où son mari a fui ses créanciers, elle poursuit donc sur cette lancée, traduisant plusieurs ouvrages du français, dont Manon Lescaut. Malgré les accusations de plagiat et d'outrage à la morale anglaise, les ventes sont conséquentes ; jouissant d'une nouvelle indépendance financière, Charlotte Smith se sépare de son époux. Elle s'imagine alors ne devoir vivre de sa plume qu'un ou deux ans durant, puis percevoir une allocation de Benjamin Smith pour leurs dix enfants. Ses affaires trainent toutefois en justice, si bien qu'Emmeline, son premier roman, sera suivi de neuf autres, rédigés dans la hâte.
Paru en 1788 chez Thomas Cadell, Emmeline connait un succès immédiat. L'édition originale, tirée à 1500 exemplaires, est rapidement épuisée, et une seconde édition corrigée est publiée la même année.
Roman gothique dans lequel sont détournées des scènes de Clarissa et du Château d'Otrante, Emmeline est également un roman à clef critique des institutions du mariage : les lecteurs de l'époque, au fait de la situation désespérée de l'auteur, pouvaient en effet identifier plusieurs éléments autobiographiques relatifs à sa famille et à son mariage ; cette transparence lui valut autant la célébrité que la polémique.
Une traduction française, Emmeline, ou L'Orpheline du Château, parait dès 1788 chez chez Letellier et Desenne ; 4 autres éditions britanniques suivent avant 1800, puis une à Philadelphie en 1802. Emmeline continue d'être édité tout au long du XIXe siècle ; Walter Scott et Jane Austen comptent parmi ses lecteurs.
Reliure anglaise de l’époque, basane mouchetée, dos à nerfs orné, tranches mouchetées de rouge. Frottements, mors supérieur fendu en pied et manque à la coiffe de tête au premier volume









