Description
ÉDITION ORIGINALE de ce roman qui lança en France la mode des récits vampiriques. Exemplaire en superbe état dans sa brochure d'origine.
Conçu comme une suite au Vampyre de Polidori paru un an plus tôt (et lui même inspiré par le Fragment of a Novel de Lord Byron), Lord Ruthwen déroule une tortueuse intrigue gothique au cours de laquelle les personnages de vampire interrompent le récit... pour raconter des histoires de vampires.
Oeuvre de Cyprien Bérard, directeur du théâtre de Vaudeville, Lord Ruthwen est souvent attribué par erreur à Charles Nodier, qui n'en signe que la préface :
Je suis loin de considérer comme un thème bien favorable à l'imagination et au goût celles de ces superstitions qui, admises comme à regret par les peuples, n'offrent à la pensée que des scènes de terreur. De tels sujets ne doivent être abordés sans doute qu'avec une timide sobriété. Cependant, la fable effrayante des vampires ne pouvait manquer d'être consacrée chez toutes les nations qui l'ont reçue dans leur croyance, par quelques récits romantiques. Elle se retrouve dans plusieurs épisodes des Contes arabes. Elle a fourni des élégies chantées dont l'horreur solennelle s'augmente encore de la gravité monotone d'une bizarre mélopée, aux Esclavons des îles et du littoral de l'Adriatique. Enfin, elle a fixé quelque temps l'attention de l'Europe à la faveur d'un nom qui recommande tous les écrits auquel il s'attache, celui du célèbre Lord Byron. Aujourd'hui, pour la première fois, elle fournit une composition développée à notre moyenne littérature. C'est peut-être assez, et la circonspection délicate qui distingue l'esprit français, prescrira nécessairement à nos écrivains d'être avares à l'avenir de cette ressource téméraire, utile tout au plus pour émouvoir une sensibilité blasée ou pour irriter une curiosité difficile. (pp. iii-iv)
Malgré ces réserves, Nodier donnera la même année le mélodrame Le Vampire et se fera, pour reprendre les termes de Daniel Sangsue, l'acteur principal du "commerce du vampire" en France, dirigeant notamment l'anthologie Infernaliana (1822).
Issu de la bibliothèque de Georges Hugnet, l'exemplaire porte au titre du premier volume deux annotations de sa main (noms de l'auteur et du préfacier) au E caractéristique.
Une seule bibliothèque au ccfr : BnF (sites Tolbiac et Arsenal)













