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[Aviation] Manuscrit sur le camp de Chalon en 1909

1909175 x224 mm

MANUSCRIT AUTOGRAPHE D’UN ARTICLE SUR LES DEBUTS DE L’AVIATION EN FRANCE.

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Description

MANUSCRIT AUTOGRAPHE D’UN ARTICLE SUR LES DEBUTS DE L’AVIATION EN FRANCE.

Article rédigé en mai 1909 par un rédacteur de  « L’écho du cerf-volant »,  journal pionnier de l’aéronautique en France, fondé en 1908 par Georges Houard, âgé de 15 ans, sous forme d'une feuille polycopié tirée à environ 30 exemplaires. Ce manuscrit signé du pseudonyme  Elghé (El - ghé - L. g. - G. L - Germ. Laburthe), est très probablement de la main du George Houard. Quelques mois après la rédaction de cet article, en août 1909 L'Écho du cerf volant s'éteint et laisse place au journal Le Cerf-volant co-écrit avec Paul A.G. Kauffmann.

Le manuscrit est illustré en-tête d'un dessin à la plume représentant des aéroplanes avec cette légende :
"Farman et Demarest sur Antoinette V à 60 km à l'heure au dessus du bois" 

Impression d’un de nos Rédacteurs sur l’aviation au Camp de Châlons

Des bois de sapins toujours, sans fin, puis de grandes plaines plates, ondulant très peu… Le calme tout à l’entour de vous… mais soi très énervé par l’attente quoique l’auto pressée bondisse sur la route droite pour nous permettre d’arriver plus tôt au champ d’essai au camp de Châlons. Enfin bientôt en haut d’une côte, dans une plaine plus vaste que les autres, une trainée de points blancs qui grossissent, grossissent et que bientôt l’on reconnait pout des hangars. Une impulsion à la machine et nous voilà arrivés, calmes en apparence mais au fond avec quelque chose qui bat, bat vite car enfin cette baraque de planches avec le drapeau français comme seul ornement et la suscription : HENRI FARMAN CONSTRUCTEUR… c’est simple mais au coeur d’un patriote et d’un enthousiaste ça fait tout de même un petit toc !
[…]
Mais moi je fais le tour de ces baraques et par un interstices des planches, je risque un oeil. Rien ne bouge, Farman est là, au milieu de ses plans, instruments de toutes sorte ; il réfléchit. […] on sent passer le fluide du génie créateur de l’inventeur et l’on le dit que cette minute de réflexion du grand aviateur sortira peut-être une invention qui révolutionnera le monde, une invention qui peut changer les moeurs, changer les relations de nations ; et tout cela contenu dans ce regard d’homme qui pense, dans ces petites choses qui assemblées d’une certaine façon peuvent conquérir l’air, dans cette baraque de planches avec seulement comme inscription : HENRI FARMAN CONSTRUCTEUR !
[…] 
Vite je m'approche et grâce a mon titre de rédacteur de l'écho du cerf-volant je suis vite et chaudement accueilli par le célèbre inventeur Monsieur Levasseur.
Très aimable suivant son habitude il explique avec complaisance aux mécréants comme moi la théorie des 3V : l'un des V assume la stabilité au point de vue du « roulis » un autre au point de vue « largage » et le dernier empêchant l'appareil de tourner.
Et enfin pour rendre ses démonstrations encore plus clair il eut la gracieuseté de nous fabriquer deux menus Aéroplans en papier qui volait à qui mieux mieux semblant obéir au doigt magique de ce Levasseur qui suivant son dessin les faisait tourner soit à droite soit à gauche, un certain nombre de fois.
[…]
Après d'autres explications intéressantes dont je n'ai pu malheureusement saisir que débride à cause de la foule qui augmenter à toute minute et qui succéder au calme que tout à l'heure apprécié temps, j'allais causer un peu avec les mécaniciens qui sont pour la plupart enthousiasmés du métier et qui espèrent beaucoup dans leurs maîtres.
J'ai appris par eux que l'appareil Antoinette avait surtout comme première qualité la stabilité parfaite : c'est ainsi que jeté paraît-il à l'envers du haut du pylône (tour de bois sur la limite du camp)il toucherait terre revenu dans une position normale.
Enfin je sortis du hangar et je rester frappé de surprise ! Les appareils blancs étaient sortis autour de chaque un petit groupement et c'était tout. Le soleil et le vent baissaient, on allait partir, combien de sentiments divers, il serait difficile de l'exprimer car au moment où j'essayais d'analyser mes impressions, le calme de la grande plaine fut coupé par un halètement de moteur. Le « Lâchez tout » pilote prononcé, les mécaniciens qui retenaientl’oiseau desserrèrent leurs étreintes et d'un bon non affolé mais calme quoique vif, en décrivant une courbe parfaite, l'appareil s'envola.
Cette fois-ci, mon enthousiasme éclata et je cherchais autour de moi quelqu'un à qui je pourrais le faire partager.
J'étais fier, fier de mon pays, fier de ma race, sert de nos grands aviateurs !
C’était si beau cette chose volante car à la suite d'Antoinette était parti Farmer et Voisin.
[…]
Moi, pauvre profane qui ne peut apprécier comme il convient la partie scientifique, je jouis surtout par la sensibilité. C'est la poésie et la grandeur qui se dégage de ce tableau unique et qui se répercute en moi avec un charme inexprimable. .C'est la vue de ce petit cube blanc qui passe devant moi, tout près, à une vitesse de 60 km à l'heure avec simplement en grosses lettres noires sur la toile : Henri Farman Constructeur…

20 mai 1909
Elghé (El - ghé - L. g. - G. L - Germ. Laburthe)

Georges Houard deviendra l'un des plus grands journalistes aéronautiques français en créant notamment le journal "Les Ailes" qu'il dirigea de 1921 à 1960.

1909.In-4, En feuilles,175 x224 mm,8 pages.

Pages de cahier d’écolier, encore noire.

Bio

Georges Houard

(Nancy : 1893 – Paris : 12 octobre 1964)