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Lettre autographe signée à Madame de Bernière

1704170 x 225 mm

Longue lettre autographe signée à Madame de Bernières

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Description

Longue lettre autographe signée Coulanges, Quevilli ce 22 juillet Rep an 26, à Madame de Bernières à Paris.
7 pages in-quarto, [1704] adresse avec cachet de cire rouge aux armes.

Coulange regrette de n'avoir pu accepter l'invitation à diner de procureur général de Rouen, Louis-Charles Maignard de Bernières, marquis de Beautot, " Mais mon cher camarade, je suis à une lieue de la ville, et c’est une affaire que de s’y rendre principalement sur le midi par le cruel chaud qui nous suarde depuis le matin jusqu’au soir et c’en est une plus grande encore, que de quitter une cardinal [le cardinal de Bouillon , alors en disgrâce et destitué de la grande aumônerie] qui parait fort content de ma petite compagnie et qui m’a paru ne me donner congé d’aller à Rouen, que parce qu’il me veut laisser ma liberté. Je suis donc résolu de le quitter tout le moins que je pourrais, et d’autant plus que je commence à toucher au but, que je je me suis proposé pour me séjour au près de lui. Je serais même déjà parti […] plus commodément et plus honorablement que je ne suis venu, il veut que je prenne location d’un vieux carrosse qu’il enverra rendre à Paris, dès que  les heureux qui l’y mèneront pourront ramener une berline qu’il y fait faire, et dont de moment en moment, il attend qu’on lui mande qu’elle est en état de marcher. […]. Cette incertitude donc, du temps de mon départ, me fit prendre congé de tout mes bons normands, dès lundi dernier je dinais chez mon petit cousin de Lezeau, que j’aivais remis à ce jour, qui m’a été d’un secours admirable depuis. Il est très joli homme, il sait vivre , et c’est tout vous dire que la force du sang c’est si bien fait sentir en moi que je l’aime fort, et que l’ai tout à fait pris en ma protection il me donna le meilleur déjeuné du monde, et du meilleur air, et sut fort bien  en trier la compagnie qui me conviendrait le plus :  C’était Mignonnette, c’étaient Monsieur et Madame Garnetot, Madame la présidente de Bernières, la belle soeur de Made de Lezeau, sa propre femme, l’abbé d’Antreaille, et son conseillé du parlement, homme du monde dont j’ai oublié le nom, le marquis de la Londe et lieutenant devaient être aussi de ce repas, ils en étaient priés , mais l’un s’était trouvé obligé d’aller à une partie de chasse, et l’autre à Forges pour y visiter madame de Pont Charevain […] Le repas fut fort gay nous chantâmes à l’envie de Madame de Granetot et moi, et chacun eut ses partisans, comme il arrive assez ordinairement, après une longue table et une courte digestion, chacun pris son parti, mon cousin me mena chez Monsieur le procureur général , comme je l’ai déjà dit, ensuite chez Mesdames première présidentes et présidente de Malbueille que je n’avais point vu depuis leur dîner et je finis par le cours qui est selon moi une des plus belles promenades qu’on puisse fréquenter. […] j’oubliai dans ma première lettre il est vrai, de vous parler de l’abbé de l’Épine, qui est toujours la fleur des poids, il est venu ici après diner, je l’au vu aussi après diner chez Monsieur de Courson ou il ne voulut pas venir diner, et j’ai diner une fois seulement avec lui chez Madame de Motfeuille, voilà tout ce que j’ai vu mon cher filleul, qui me parait encore un  peu affable, mais qui n’est pas moins bonne compagnie.
[…] Dites à Mademoiselle de Rys, je vous supplie que j’ai autant de vénération pour son amie que si elle n’avait pas été fouetté à l’âge de dix sept ans. Je suis persuadé même qu’elle en est devenue plus sage par en avoir la mémoire plus récente mais c’est une belle récompense que cinq cent bon mil francs qu’on dit qu’elle aura pour son partage, pour peu qu’elle cherche une anguille, elle la trouvera facilement.Vous avez donc été une bonne semaine à Choly, je crois que Madame de Coulange y est présentement pour moi, je n’y serai jamais si fort que je le désire, mais je vous supplie mon cher camarade, que vous vous y trouviez à même temps, je ne suis pas de si bonne compagnie que Messieurs les abbés de Langlée et Morel pour payer d’esprit et de jeu, mais au moins je vous parlerai normand, et cette langue peut être ne vous sera pas indifférente. […] Hélas je vois bien que je m’en retournerai à Paris sans voir la procession de la ligue, mais je m’en consolerai par vous voir mon cher camarade et par vous bien répéter que je suis l’homme du monde qui vous honore le plus et le plus constamment votre humble et très obéissant serviteur.
Mille compliments
Coulanges."

1704.in-4, En feuilles,170 x 225 mm,7 pages.

Deux feuillets pliés en deux, une déchirure d’époque liée à l’ouverture du cachet de cire.

Bio

Philipe-Emmanuel marquis de Coulanges

Philippe-Emmanuel de Coulanges dit le marquis de Coulanges

(Paris : le 23 août 1633 –  31 janvier 1716)