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Le tout premier ouvrage imprimé de Pierre Corneille

Clitandre ou L’innocence délivrée

1632107 x 161 mm

ÉDITION ORIGINALE RARISSIME.

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Description

Clitandre, ou l'innocence délivrée. Tragi-comédie. Dédiée à Monseigneur le duc de Longueville

ÉDITION ORIGINALE RARISSIME.

Tout premier ouvrage imprimé de Pierre Corneille, achevé d'imprimer le 20 mars 1632 et dont le privilège, donné à Paris le 8 mars 1632, fut accordé à François Targa pour six ans.

Bibliographie cornélienne, ou Description raisonnée de toutes les éditions des œuvres de Pierre Corneille, Émile Picot, numéro 2 :

Corneille paraît ici pour la première fois devant le public. Il avait déjà fait représenter Mélite, qui lui avait valu une certaine réputation, mais il aima mieux livrer d'abord à l'impression son Clitandre, pour lequel il semble avoir eu une affection particulière. Il s'était efforcé d'en faire une pièce plus régulière que sa Mélite, et dont le nœud, l'intrigue, tous les incidents et la conclusion pussent tenir dans un espace de vingt-quatre heures. Il voulut aussi l'écrire «  dans un style plus élevé  » ce qui ne l'empêcha pas de se permettre une de ces licences qui ne seraient guère de mise aujourd'hui sur la dernière de nos scènes comiques. Calliste, fiancée de Rosidor, vient trouver celui-ci dans son lit  : «  il est vrai, dit Fontenelle, qu'ils doivent bientôt être mariés.  »

Clitandre dut être joué en 1631. En en plaçant la représentation en 1632, les frères Parfaict [Histoire du théâtre François] nous semblent n'avoir pas pris garde du privilège et de l'achevé d'imprimer. Il est difficile d'admettre que si, par exemple, la pièce avait été donnée au mois de janvier, le privilège, dont l'obtention demandait certainement d'assez longues démarches, eût pu être daté des premiers jours de mars. Corneille, d'ailleurs, n'était pas encore assez connu pour que les libraires missent une grande diligence à l'imprimer. Ce qui le prouve bien, c'est que Targa crut nécessaire de grossir quelque peu le volume, avant de le lancer dans le public, circonstance qui vint probablement encore retarder l'impression.

En effet, les Meslanges sont précédés de l'avis suivant :

Au LECTEUR. Quelques-unes de ces pièces te desplairont scache aussi que je ne les justifie pas toutes, et que je ne les donne qu'à l'importunité du Libraire pour grossir son Livre. Je ne croy pas cette Tragi-Comedie si mauvaise, que je me tienne obligé de te récompenser par trois ou quatre bons Sonnets.

Corneille modifiera Clitandre à de très nombreuses reprises, notamment en 1660, à l'occasion des différentes rééditions afin de l'adapter au genre de la tragédie, davantage en phase avec l'évolution de son siècle.

“Il a fallu attendre le XXe siècle et la compréhension de l'esthétique baroque pour apprécier cette pièce étonnante à sa juste valeur” (Dictionnaire des œuvres). La pièce n'entra au répertoire de la Comédie Française qu'en 1996.

Exemplaire provenant château de Nordkirchen, célèbre collection du Duc d'Arenberg dont l'ex-libris, combinant les armoiries de Plettenberg et Esterhazy-Galantha, remonte au milieu du XIXe siècle après le mariage de Maria von Plattenberg et Nikolaus-Maria Franz von Esterhazy - Galantha.

Charmant exemplaire en vélin ancien, peut-être placé dans sa reliure au XIXe siècle.
Elégante boite en demi-maroquin et papier bois brun signée Goy et Vilaine.

Paris,François Targa,1632.In-12, Relié,107 x 161 mm,159 pp.

Collation des feuillets préliminaire 1 f. de titre; 5 pp. pour la dédicace; 6 pp. pour la Préface 9 pp. pour L’Argument; 1 f. pour l’Extrait du Privilège et les Acteurs. Clitandre occupe les 118 pp. suivantes puis vient le second titre. Les Meslanges poëtiques continuent la pagination et même les signatures de la pièce. Le feuillet blanc entre les deux pièces n’a pas été gardé par le relieur.

Vélin souple ancien peut-être placé dans sa reliure au XIXe siècle.
Un manque d’une partie de titre a été parfaitement refait, quelques déchirures proprement restaurées, claires mouillures marginales plus prononcées en fin d’ouvrage, dernière garde collée au dos muet du dernier feuillet.

Bio

Pierre Corneille

le Grand Corneille, Corneille l'aîné

(né le 6 juin 1606 à Rouen et mort le 1er octobre 1684 à Paris)