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Poème autographe signé : La Plainte de Sapho

1872

Beau poème autographe signé de 8 quatrains daté du dimanche 17 mars 1872, avec quelques ratures et corrections

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Description

Poème autographe signé intitulé La Plainte de Sapho daté du dimanche 17 mars 1872, avec quelques ratures et corrections.

Ce beau poème de 8 quatrains, probablement destiné à une revue, ne fut jamais recueilli en volume. Il provient de l'Ancienne collection Daniel Sickles [XIX, 8130].

La Plainte de Sapho

Entends mur pleurer ma lyre
Caverne sombre où dort l’écho
Et toi que l’ouragan déchire,
O mer, entends gémir Sapho !

Mes longs désirs, mes terreurs vaines
Ont le fureur du flot amer
Ce feu qui brule dans mes veines
L’entendras-tu profonde mer ?

Comme toi farouche et sublime,
Et me plaignant quand vient le jour,
Je sens un orageux abime
Dans mon coeur altéré d’amour.

Sous ton azur où tout s’efface
Je veux chercher un calme abri ;
Il me faut ta fraicheur de glace
Pour rafraîchir mon sein meurtri.

Je décroiserai dans ton ombre
Mes bras longtemps martyrisés
M’enivrant de ton vide sombre
Et savourant tes longs baisers

Car toi seule éteindras la fièvre
Dont le frisson court sur mes dents,
Et tu caresseras ma lèvre
Pareille à des charbons ardents

Prends mer profonde et caressante
La prêtresse à l’oeil de feu
Qui, pour ravoir sa vie absente
Eût souhaité l’amour de Dieu.

Cache et dérobe au peuple avide
La charmeuse au coeur guerrier
Qui de la terre ingrate et vide
N’apporte rien qu’un noir laurier !

Dimanche 17 mars 1872 -Théodore de Bainville.

 

1872.in-4, En feuilles,2 pages sur 2 feuillets.

Encre noire.

Bio

Théodore de Banville

(né le 14 mars 1823 à Moulins – Allier et mort le 13 mars 1891 à Paris 6e arrondissement)